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L’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) fait partie des plus anciens organismes canadiens de santé bénévoles encore actif. Précurseur de l’ACSM, le Comité national d’hygiène mentale du Canada (CNHMC) a été fondé en 1918 par le Dr Clarence Hincks, un professionnel du domaine de la santé mentale, lui-même bénéficiaire de tels services. Ce comité avait été formé par un groupe de professionnels en réaction aux conditions épouvantables telles que la surpopulation chocante de patients et le grave manque de personnel qui prévalaient à cette époque dans les hôpitaux et les établissements psychiatriques. L’organisme s’était alors fixé comme objectifs de combattre et de prévenir la maladie mentale ainsi que de promouvoir la santé mentale.

Le CNHMC a mené des sondages dans chaque province sur les soins prodigués aux gens souffrant de problèmes de santé mentale, puis a formulé des recommandations aux gouvernements provinciaux en vue d’améliorer les soins et les traitements offerts. Les membres de ce Comité revendiquaient des augmentations considérables dans les ressources dont disposaient les services hospitaliers et communautaires, l’abandon des soins en milieu surveillé au profit de traitements actifs, de même que la formation d’un plus grand nombre de professionnels en vue d’améliorer les soins prodigués.

Bureau national de l'ACSM

Au cours des années 1920, le CNHMC a lancé une campagne d`éducation publique sur la nature, l’envergure, le traitement adéquat et la prévention de divers troubles psychiatriques. Également à cette époque, l’organisme a instauré des programmes de santé mentale à l’intention des écoliers et des enfants d’âge préscolaire, offrant notamment des cours pour l’éducation des parents ainsi que des maternelles structurées.

Le 1er décembre 1926, le Comité national d’hygiène mentale du Canada a été formellement et légalement constitué en société par lettre patente, définissant le but du CNHMC et lui conférant sa charte fédérale. Tout est demeuré relativement inchangé jusqu’à ce jour, bien que le nom de l’organisme ait subi depuis quelques changements et que les règlements aient été modifiés à plusieurs reprises.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, le CNHMC a facilité l’organisation du dépistage de santé mentale et psychologique des recrues canadiennes pour les forces armées. Après la guerre, le Comité a participé à la planification d’après-guerre avec le gouvernement fédéral, puis a assuré le versement des subventions annuelles pour les services de santé mentale à toutes les provinces pour la construction de nouveaux hôpitaux psychiatriques et l’embauche de personnel supplémentaire. D’autres fonds supplémentaires ont pu être obtenus afin de permettre aux écoles de médecine d’offrir de la formation spécialisée aux professionnels de la santé, tout particulièrement aux psychiatres.

La découverte, au cours des années 1950, des médicaments psychotropes (notamment des médicaments à effets antipsychotiques) a permis d’apporter des changements radicaux dans les soins et les traitements dispensés aux personnes ayant des problèmes de santé mentale. Ces médicaments étaient perçus comme la clé ouvrant la porte des cellules les plus reculées, permettant aux personnes ayant des problèmes chroniques de santé mentale de retourner dans leur famille et dans leur communauté. Tout au long des années 1950 et 1960, une politique concertée de désinstitutionalisation a été appliquée à l’échelle de l’Amérique du Nord en vue de réduire le nombre de patients dans les établissements de grande envergure.

Au début, on croyait que la désinstitutionalisation, les familles, les communautés et les nouveaux médicaments « miracles » suffiraient à fournir le soutien et les réseaux sociaux dont auraient besoin le flot de patients qui venaient d’obtenir leur congé de ces établissements. Malheureusement, ni le patient désinstitutionalisé, ni sa famille n’ont reçu suffisamment d’aide. Les communautés n’en ont eu guère davantage pour se débarrasser des préjugés, des suppositions et des craintes entourant l’afflux de « patients psychotiques » dans leurs rues. Les gouvernements et les professionnels en sont venus à réaliser que la désinstitutionalisation n’était pas une solution en soi.

Au cours des années 1950, le Comité national d’hygiène mentale du Canada a pris le nom d’Association canadienne pour la santé mentale et, par la même occasion, a revu ses règlements de façon à permettre la mise sur pied de divisions provinciales et de filiales locales. L’Association a alors reconnu la nécessité absolue de mener des projets communautaires, non seulement pour subvenir aux besoins des patients désinstitutionalisés et de leurs familles, mais également afin de promouvoir une meilleure compréhension et de sensibiliser davantage les gens à la santé mentale à l’échelle locale. Cette reconnaissance a joué un rôle déterminant dans les buts, activités et objectifs de l’Association. L’accent n’était plus mis sur les sondages menés auprès des hôpitaux et des établissements psychiatriques. À partir de ce moment, l’encouragement et la promotion des options en matière de services de santé mentale en milieu communautaire sont devenus le fer de lance de l’ACSM. La progression continue des divisions provinciales et des filiales locales en est la preuve. 

Pour plus d'information, S.V.P. visitez le site de la division nationale au www.acsm.ca.